jeudi 5 mars 2009

MÉTHODES EN PÉDAGOGIE

Historiquement, il y a eu des effets de mode ou la croyance à certains moments en une méthode miracle qui permettrait l'apprentissage de tous. Permettant la facilitation de l'apprentissage et la médiation du savoir, il est important de ne pas céder aux illusions pédagogiques et donc régulièrement de faire le point sur la méthode pédagogique qu'un acteur ou une institution valorise à un moment précis. On distingue généralement « cinq méthodes pédagogiques »[1]: expositive, démonstrative, interrogative, de découverte et expérimentale. Elles peuvent être pratiquées dans une séquence pédagogique soit individualisée soit en petits ou grands groupes avec la médiation d'outils pédagogique ou sans et des rôles des acteurs bien différents.

Méthodes expositive, transmissive, passive ou magistrale. L'enseignant maîtrise un contenu structuré et transmet ses connaissances sous forme d'exposé: c'est le cours magistral qui laisse peu de place à l’interactivité avec l’apprenant. Dans le triangle de Jean Houssaye, cela correspond à la relation privilégiée enseignant-savoir où l’enseignant est un expert du contenu, un détenteur de vérité qui transmet l’information de façon univoque. Il est souvent difficile que dans ces conditions le cours puisse permettre d’apprendre quelque chose, sauf dans le cas ou il est articulé à d’autres activités qui permettront un véritable travail cognitif.

Méthodes démonstratives. L’enseignant détermine un chemin pédagogique : il montre, fait faire et fait formuler l’élève pour évaluer le degré de compréhension. Cette méthode suit l’enchaînement suivant : montrer (démonstration), faire faire (expérimentation), et faire dire (reformulation). Cette méthode est souvent utilisée dans les travaux dirigés ou l’élève acquiert un savoir faire par simple imitation.

Méthodes interrogatives ou maïeutiques. L’élève est reconnu comme possédant des éléments de reconnaissance ou des représentations du contenu à acquérir. A l’aide d’un questionnement approprié, l’enseignant permet à l’élève de construire ses connaissances par lui-même ou de faire des liens et de donner du sens à ces éléments épars. L’élève ou un groupe d’élèves est incité à formuler ce qu’il sait, ce qu’il pense, ce qu’il se représente.

Méthodes actives ou de découvertes. L’enseignant crée un scénario pédagogique avec du matériel qui permet d’utiliser les essais, les erreurs et le tâtonnement pour apprendre. Il mobilise l’expérience personnelle de l’élève ou celle d’un groupe d’élèves pour apprécier la situation et résoudre le problème avec leurs moyens. Le travail intra cognitif et le travail co-élaboratif entre pairs sont favorisés. Cette méthode suit l’enchaînement suivant : faire faire à l’élève, faire dire à l’élève puis l’enseignant reformule.

Méthodes expérimentales. De nombreuses disciplines ou savoirs ne peuvent s’enseigner mais s’apprennent en faisant avec des personnes qui savent faire comme par exemple la médecine ou l’art. Ici, l’enseignant incite à la formulation du savoir-faire par l’élève qui est le vrai producteur du savoir qu’il partage et réélabore avec d’autres.
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[1] Guy PALMADE, Les méthodes en pédagogie, PUF, Paris, 2005, pp. 47-58.

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